“Soigne tes peines par l’aumône”

 

Les mérites de l’aumône

L’aumône légale (Al Zakat), troisième pilier de l’Islam, est une sorte d’impôt calculé
sur la base des richesses (ou biens) possédées (métaux précieux, capitaux,
troupeaux, etc.) et non sur les terres. Cet impôt, versé chaque année (trois jours
avant la fin du mois de Ramadan) au chef de la communauté musulmane, est
destiné à secourir les pauvres, à financer les travaux collectifs (les mosquées, des
hôpitaux, etc.) et entretenir les lieux de culte. Elle a été explicitement demandée aux
musulmans par Dieu dans plusieurs versets du Coran. Chaque législation a sa
manière de déterminer ses modalités et son montant (généralement 3.5 % de tout
capital dépassant un certain seuil détenu pendant plus d’un an) : la forme change,
mais le fond est le même. Elle est donnée au nom de Dieu à certaines catégories de
gens en ayant besoin : “Les Sadaqats ne sont destinées qu’aux miséreux, aux
pauvres, aux agents qui y sont affectés, à ceux qui ont été ralliés (à la cause de
l’Islam), à racheter la liberté des gens, à les acquitter de leurs dettes, au service de
Dieu et à l’étranger de passage. C’est là une répartition obligatoire venant de Dieu et
Allah est parfaitement Sage et Sachant.” (coran 9 ; verset 60).

L’aumône légale : troisième pilier de l’Islam

Les piliers de l’Islam (la profession de foi, la prière, l’aumône, le jeûne du mois de
Ramadan et le pèlerinage) sont les devoirs que tout musulman doit appliquer. Par la
pratique de l’aumône légale, l’Islam entretient l’idée que l’Oumma (grande nation)
est une. Dans un idéal égalitaire, chacun de ses membres doit participer à la
richesse commune. À vingt-huit reprises, le Coran (Livre Sacré de l’Islam) associe
l’aumône légale aux rites de purification et à la prière rituelle (As Salât) :
“Prends de leurs richesses une Zakât avec lesquelles tu les bénis et tu les purifies
et prie pour eux. Ta prière est une quiétude pour eux. Dieu est parfaitement Sachant
et Audiant.” (coran 9 ; verset 103).
C’est donc par l’aumône que les riches peuvent purifier leurs biens et rendre licite
leur usage. On peut dire que c’est un acte profondément religieux à l’égard de Dieu,
Créateur de tous les biens. Par ce rite, c’est l’idéal du partage qui se concrétise au
sein de la communauté musulmane.
L’aumône légale doit être différenciée de la Sadaqa, l’aumône non rituelle. Celle-ci
peut être faite spontanément (et à tout moment) au bénéfice de tout individu dans le
besoin. Le Livre Saint invite régulièrement les croyants à avoir pitié des pauvres et
de les secourir.
Dans la majorité des États musulmans, l’aumône légale a été remplacé par l’impôt.
Cependant, en France, les impôts prélevés par un État laïque ne peuvent avoir un
caractère religieux. On voit, de ce fait, un retour de la pratique de la zakât, versé

généralement, à la fin du mois de Ramadan. La destination de ces sommes est
surtout pour l’entretien et la création des lieux de culte ou le rapatriement du corps
des musulmans décédés en France.